Sur l'œuvre
Le Brindisi
Libiamo ne’ lieti calici, souvent appelé Le Brindisi, est l’un des airs les plus célèbres de La traviata de Verdi. L’opéra est composé en 1852-1853 sur un livret de Francesco Maria Piave, d’après La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils. La création a lieu à La Fenice de Venise en 1853.
L’extrait intervient au début de l’acte I, lors d’une fête donnée par Violetta. Alfredo est invité à porter un toast, puis Violetta et le chœur se joignent à lui. Musicalement, le morceau prend la forme d’une valse brillante, légère et immédiatement mémorisable. Il exprime le plaisir, l’amour, le vin et l’instant présent. Mais cette joie apparente est déjà teintée d’ironie dramatique : le spectateur sait que Violetta est fragile, malade, et que l’univers de fête dans lequel elle vit ne peut pas durer. Verdi réussit donc à créer une musique séduisante tout en préparant le drame. Le Brindisi fonctionne aussi comme une scène sociale : il montre le monde parisien, ses plaisirs, ses codes et son apparente insouciance. Très souvent chanté hors de l’opéra, il est devenu un symbole de l’opéra italien romantique.